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UN AN APRÈS LE MASSACRE DE PRÉVAL : LE CPVMP DÉNONCE L’IMPUNITÉ ET EXIGE JUSTICE


PRÉVAL (ARTIBONITE) — Un an jour pour jour après l’attaque armée qui a coûté la vie à plus d’une cinquantaine de paysans dans la localité de Préval, le Collectif des Parents des Victimes du Massacre de Préval (CPVMP) dénonce l’inaction des autorités et réclame des poursuites judiciaires contre les auteurs présumés. L’association a pris la parole à l’occasion du premier anniversaire du drame, survenu le 20 mai 2025 dans cette première section communale de Petite-Rivière-de-l’Artibonite.


Ce jour-là, des hommes lourdement armés, se présentant comme une structure d’autodéfense dirigée par Francky Pierre, alias « Timépri », ont fait irruption dans la localité. Selon les témoignages recueillis par le CPVMP, ils ont perpétré un massacre d’une extrême violence, causant la mort de plus d’une cinquantaine de personnes, en majorité des enfants et des adolescents, ainsi que des religieuses et des cultivateurs. Les assaillants justifiaient leur action en accusant certains habitants de collaborer avec le gang « Gran Grif », connu pour imposer des contributions forcées aux agriculteurs. Une accusation fermement rejetée par les familles des victimes, qui soulignent que les personnes ciblées n’entretenaient aucun lien avec des groupes armés.


Les survivants font état d’exécutions à bout portant, de mutilations, de brûlures et de décapitations. De nombreux corps ont été jetés dans des cours d’eau ou abandonnés dans des zones isolées. Plusieurs dépouilles n’ont été retrouvées que des semaines, voire des mois après les faits, dans un état de décomposition avancé. À ce jour, des restes humains continuent d’être découverts et plusieurs personnes restent portées disparues. Enfants, personnes âgées, femmes et paysans figurent parmi les victimes. Un an après le drame, de nombreux proches vivent toujours dans l’attente d’une réponse sur le sort de leurs disparus, dans un contexte marqué par le silence institutionnel.


Le CPVMP dénonce une carence grave du système judiciaire local. Malgré de multiples signalements, aucune avancée significative dans les enquêtes n’a été enregistrée. « Cette impunité persistante encourage la répétition des violences dans la région », alerte le collectif. Plusieurs organisations internationales, dont des agences des Nations unies, ainsi que des médias nationaux et étrangers, ont documenté le massacre. Pour le CPVMP, cette reconnaissance internationale contraste cruellement avec l’absence de réponses concrètes sur le plan local. Le collectif exige l’arrestation, le jugement et la condamnation des auteurs présumés.


Au-delà du cas de Préval, le CPVMP s’inquiète de la dégradation continue de la situation sécuritaire dans l’Artibonite. De nombreuses familles restent déplacées, privées de leurs terres agricoles et contraintes de vivre dans des conditions précaires. Le collectif appelle l’État à assumer pleinement ses responsabilités : rétablir la sécurité, protéger les civils et permettre la reprise des activités agricoles, essentielles à l’économie locale et nationale.


Dans un climat toujours marqué par la peur et le silence, le CPVMP affirme ne pas renoncer. Il réitère sa détermination à poursuivre le combat pour la vérité, la justice et la mémoire des victimes, tout en exigeant une réponse urgente et ferme de l’État face à ce qu’il considère comme une tragédie nationale encore impunie.





Marc Carl Dupiton

 
 
 
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